• Patrick Siboni

Bon sang mais c'est bien sûr! Des bulles!

Mis à jour : juin 23

Le dîner du 17 Juin 2020.


Un simple merci serait insuffisant. Pour que tu comprennes mieux, il faut que je te raconte un peu ce qui s'est passé plus tôt, en allant vers chez toi.

Je suis sorti en avance pour m'aérer avant d'arriver. Je me sentais comme une vielle relique oublié au fond d'une cave, avec les araignées, les cafards, la poussière et tout ce qu'il va avec. Il fallait que je sorte de cet état, avant d'arriver chez toi. Au moment de monter dans le RER, j'ai reçu un message sur What's App d'une fille de 22 ans qui m'a trouvé un peu plus tôt sur les réseaux sociaux. Sortie de nul part, elle me demandait comment j'allais.

J'ai prit place dans le RER, et je lui ai répondu : - Moi : ça va mais un peu fatigué -Elle : Parce que tu cours partout ?

......

-Moi : Non plutôt l'inverse

-Elle : Parce que tu n'es pas assez stimulé? Là j'ai pris une gifle.... Voila, c’était très rapide, très bref, mais une illumination pour moi.

Stimulé.

Le nez dans mon merdier, prisonnier de mon paradigme, je listais toutes les raisons qui pourraient expliquer cette fatigue. Tout en soupirant et me massant le front, je me disais qu'il ne fallait pas que je rentre dans des explications, qu'il ne fallait pas me plaindre pour éviter d"empirer les choses ( loi de l'attraction), qu'il valait mieux que je dise que tout va super bien et .... Il a suffit d'un mot pour stopper net mon angoisse. Elle a tout résumé en un mot : stimulé. Evidemment. (Apparemment plus tant que cela.)

J’ai passé le reste du chemin attentif a ce qu'il y avait autour de moi, me rendant compte que j'avais depuis longtemps pris l'habitude d'occulter les gens, d'occulter tout. J'avais mis cette fameuse carapace. Je suis passé par les quais, j'ai longé le musée J.Chirac et j'ai remarqué qu'il y avait longtemps que je n'avais pas marché la tête haute, sans regarder mes pieds. J'ai pris le temps d'arriver. J'aime bien arriver chez toi, faire le code et voir cette énorme porte en verre s'ouvrir toute seul, ce couloir immense dans lequel on pourrait s'allonger plusieurs fois dans la largeur et ce tout petit ascenseur. Une fois à l’étage, j'ai trouvé la porte entre ouverte. Bien que ton palier soit lumineux, quand on rentre chez toi c'est toujours éblouissant.

Ce premier plan, cette première image en entrant était belle. Une belle photo. Sombre à gauche, lumineuse à droite. Sur le sofa, un enchevêtrement de jeunes allongés plus ou moins les uns sur les autres, tourné vers toi, dans la lumière. Soudain Kaikai a surgis de la cuisine, chevauchant une licorne imaginaire galopant dans votre direction. J'ai fait de même, sans licorne. Je ne m'attendait pas à faire des rencontres ce soir la et encore moins de rencontrer les enfants dont tu m'avais déjà parlé mais dont je m’étais fait une idée très différente. Je n'ai d'ailleurs pas compris dessuite qu' ils étaient la. Louis était dans mon dos, à la fenêtre. Il fumait. Sans me retourner, je me suis quand même demandé qui pouvait bien se permettre de fumer chez toi.

Ton fils évidement. Quand j'ai compris pour Louis, je me suis dit que j'avais du manquer un épisode et que tu devais avoir encore plus d'enfant que je ne pensais. Mathilde est arrivée et tu me l'a présenté comme ta fille. La j'ai commencé a me demander combien tu avais d'enfants? combien d’épisodes j'avais raté. C'est à table, que j'ai connecté. Ils n’étaient pas deux enfants de plus. Ils étaient le fameux producteur et le médecin ! Elle? ta fille? 5 ème année en Neurologie ! Incroyable. Les mots que nous avons échangés on rebondit longtemps dans mon esprit. La femme au violon et son électrode dans le cerveau, les neurones de l’intestin, le curare, l’anesthésie, pourquoi a 40 ans il n'est pas trop tard pour jouer du piano,.. un puits de connaissance et un engagement profond envers les autres. Lui, c'est vers la fin que je m'en suis vraiment approché et on a un peu discuté. Il est très beau ! Mais bien plus encore, il a ce truc dans l’œil. C'est un Lion, tout en Lumière. Il a un pouvoir de création gigantesque. Tu peux en être fière ! Leurs amis aussi sont tous brillant. Kéké m'a...je n'ai pas de mots. Si peut être, je pourrais dire qu'il a une paire incroyablement énorme. Sacrée force. Elle avait l'air tellement facile son histoire d'investisseurs. C'était bon d'être à table avec tous ces gens ! Stimulant quoi ! Il faut quand même rendre à César ce qui est à César, le point commun de tous, l'intersection, c'est toi. Quand je t'ai rencontré, je dois t'avouer que je ne savais pas l'écrivain que tu étais. Un jour tu m'a envoyé un message sur Line me disant que tu aller me trouver un agent. Très surpris, c'est à ce moment que j'ai tapé ton nom sur internet et oh merde ! J'ai fais une impasse énorme là! En même temps Marc ne m'avait rien dit. Enfin si, il avait dit quelque chose du genre :

"ouais bah, il écrit des trucs ! ".... Maruku san J’étais content quelque part de ne pas l'avoir mesuré avant, parce qu'au Japon, je suis arrivé sans a priori, j'ai rencontré un homme qui est la pour apprendre le Japonais parce qu'il aimerait bien parler avec son fils en Japonais. Un homme qui aime bien les Gyozas et qui avait été Grand reporter. Un homme qui Shazam les DJ japonais pour envoyer les playlists a son fils. Un homme très cool. Quand aujourd’hui je rencontre tes enfants, je me demande comment tu as fait pour assurer tes succès littéraires tout en les éduquant. Aujourd'hui j'ai changé d'avis sur ce qui est ta plus grande Oeuvre. Ta plus grande oeuvre, c'est tous ce que tu as construit, tous ce qu'il y a autour de toi. Comment tout au long de la partition de la vie tu a su garder la mesure. J'aurai adoré avoir un model comme toi quand j’étais plus jeune. Je traverse le pire désert de ma vie. Assez aride pour me séparer par amour de ma petite fleur parce que je vois le bateau sombrer et je ne veux pas l’entraîner avec moi, elle qui as 25 ans. J'ai failli tout lâcher, tuer Patrick Siboni le photographe, mais je me raccroche à plusieurs choses qui sont né de notre rencontre. Je te dois pas mal de ce coté la. Je n'ai pas dis mon dernier mot. C'est grâce à toi.

Le concert c’était un grand moment. Kaikai à ouvert le concert. Magique. La beauté de l'enfant qui joue. Le piano sans pédale, le rythme saccadé qui a chaque instant cherche son repère, son père. Il n'a fait aucune fausse note et a terminé en grand maître, en rythme, avec toi, sans regarder sa main droite partie chercher une note dans les hauteurs. Magistrale. Ensuite Ysé à emboîtée le pas, puis Louis avec Polnareff, puis Mathilde avec Chopin Pendant ce temps Kaikai venu me voir et m'a demandé : Toi aussi tu vas joué ? C’était réglé. Tu m'a proposé, impossible de refuser. J'adore Kaikai. Il est pure. Il apaise même quand il court partout. Je me suis toujours caché, j'ai toujours fuis la lumière. Cette fois, je ne me suis pas dégonflé.

J'ai joué sur ton piano qui dois avoir connu de sacrés mains, devant plusieurs pianistes. Grand succès personnel. Quelque chose me dit que j'ai fais la pire prestation possible. Mon esprit était tout ailleurs mais j'ai adoré. La prochaine fois je n'oublierais pas d'y ajouter du cœur.

Un grand merci pour ça. Pathétique, c'est la première fois que je t'entends jouer. Quel choix ! Tu t'es arrêté juste avant l'orage nous invitant à table. Bien vu, c'était un super concert. J'ai pas mal réfléchi cette semaine. J'ai mis du temps a t’écrire. C'était difficile puis je ne sais pas si ca ne va pas détériorer notre relation. Je me dis juste que quelque chose qui vient du cœur ... Ca m'aide aussi de t'écrire.

Je m’aperçois que j'ai pas mal merdé dans ma vie. Je n'ai pas l'ombre d'une bulle.

Je vais maintenant tacher d'y remédier.

Les bulles, je les vois comme toutes ces choses qui stimulent, et les 4 petites qui traînent en haut c'est peut être celle dont tu parlais. Merci JC


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